Source : ROCAJQ
Syndicats, mouvements sociaux et organismes communautaires se sont unis pour défendre les droits et lutter pour une transformation sociale lors de la manifestation marquant la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs. Au pied du mont Royal, plus de 3 000 personnes se sont rassemblées le samedi 2 mai pour marcher à travers le centre-ville et terminer le parcours à la Place des Arts.
Cette manifestation s’inscrivait dans le cadre de plusieurs mobilisations organisées en collaboration entre les syndicats et le milieu communautaire partout au Québec afin de souligner la date historique du 1er mai.
Les revendications des groupes présents allaient de la fin du capitalisme au retrait de certains projets de loi, notamment le PL1, qui propose une constitution pour le Québec, ainsi que des modifications liées au projet de loi 38, jusqu’à la reconnaissance des organismes communautaires. Si les demandes spécifiques étaient variées, un fil conducteur les reliait : une dénonciation des attaques envers les droits sociaux et un appel à l’unité, comme l’explique la directrice du ROCAJQ, Noémie Roche.
« En ce moment, on est mobilisés sur tous les fronts. Il y a tellement de projets de loi qui sont adoptés de manière accélérée et qui remettent en question les droits des personnes. C’est un signe clair d’une montée du conservatisme — je dirais même du fascisme — qui se fait de manière progressive. Il faut se mobiliser dès maintenant. »
Le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse (ROCAJQ) a renforcé les rangs derrière une grande bannière du mouvement « Le communautaire à boutte ». Les représentant·es du milieu communautaire ont suivi le cortège, mené par les organisations syndicales. La pluie qui a accompagné la marche tout au long du parcours n’a dissuadé personne. Pour mobiliser la foule, un des représentant·es du mouvement scandait : « Vos politiques d’austérité, ça grossit les inégalités » et « Ensemble et solidaires pour l’action communautaire ».
À l’arrivée à la Place des Festivals, des représentant·es des syndicats et du milieu communautaire ont pris la parole sur scène. Le fait que les organismes communautaires soient à bout de souffle — devant faire des miracles avec peu de ressources tout en subissant des coupures — a particulièrement suscité de vives réactions parmi les manifestant·es.
La responsable de la mobilisation au Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), Claudia Leduc, a dénoncé la situation :
« Ce qu’on voit pour les groupes communautaires, c’est un financement à la mission qui stagne ou qui régresse. Notre autonomie est attaquée sans relâche. Les équipes de travail, composées majoritairement de femmes, s’épuisent. Les organismes se font couper des subventions ou ferment carrément. »
Elle a également plaidé pour le retrait du projet de loi constitutionnelle, le PL1 :
« Une des attaques législatives les plus graves, c’est le projet de loi constitutionnelle, le projet de loi 1 du ministre de la Justice. Ce projet a été élaboré sans consultation du peuple et constitue une attaque sérieuse contre la démocratie et les droits humains. C’est une véritable honte, et nous continuerons d’exiger son retrait complet, parce que nos droits et notre démocratie nous tiennent à cœur. »
Le RQ-ACA, dont fait partie le ROCAJQ, demande une bonification du financement à la mission à hauteur de 2,6 milliards de dollars. Les regroupements ont également tenu à rappeler que, malgré les affirmations du gouvernement selon lesquelles le financement des organismes aurait doublé, les chiffres ne reflètent pas cette réalité.
Des revendications touchant les jeunes aux parcours de vie différenciés ont également été mises de l’avant lors de la manifestation. Le ROCAJQ porte quatre revendications principales :
- Reconnaître officiellement la pluralité des parcours de vie des jeunes et intégrer leur parole ainsi que le savoir terrain dans l’élaboration des politiques publiques.
- Garantir des conditions de vie dignes et stables pour les jeunes aux parcours de vie différenciés.
- Transformer l’organisation des services afin d’offrir des parcours de soutien globaux, continus et adaptés.
- Assurer la pérennité, l’autonomie et la reconnaissance structurelle des organismes communautaires jeunesse qui interviennent auprès de ces jeunes.
La mobilisation ne s’arrête pas là. Le ROCAJQ et ses partenaires poursuivent leurs actions, notamment en vue des prochaines élections.
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