Source : ROCAJQ avec infos Le communautaire à boutte 

23 mars 2026

Plus de 1 600 organismes communautaires adhèrent à la grève lancée par le mouvement « Le communautaire à boutte ». Le ROCAJQ soutient cette initiative, qui revendique de meilleures conditions de travail pour les employé·es des organismes ainsi qu’une amélioration substantielle du financement gouvernemental.

Lancée le lundi 23 mars, la grève des organismes communautaires durera jusqu’au 2 avril. Il s’agit d’un cri d’alarme lancé par des organismes qui se retrouvent à bout de souffle face à une crise sociale majeure dans la province. La principale demande concerne la reconnaissance du rôle du communautaire et l’obtention d’un financement adéquat de la part du gouvernement.

Jusqu’à présent, plus de 1 600 organismes ont adhéré au mouvement « Le communautaire à boutte », soit environ le tiers des groupes de la province. Globalement, les organismes viennent en aide à un Québécois sur trois. Pendant cette période, les groupes ferment leurs portes ou adaptent leurs activités.

Le ROCAJQ appuie l’initiative et modifiera ses activités durant la période de grève. Il prévoit également de participer à la grande mobilisation à Québec le 2 avril. La directrice générale du ROCAJQ, Noémie Roche, explique que la crise actuelle frappe de plein fouet la jeunesse. « Les jeunes qui font la transition vers la vie adulte en 2025, 2026 ou 2027 font face à des trajectoires beaucoup plus difficiles, dans un contexte où l’accès à l’emploi se fragilise et où les services essentiels comme le transport collectif sont délaissés. Le filet social est en train de s’effriter », souligne-t-elle. Dans le cahier des revendications du ROCAJQ adopté en mars, deux priorités sont aujourd’hui directement en jeu : « assurer la pérennité, l’autonomie et la reconnaissance structurelle des organismes communautaires jeunesse » et « garantir des conditions de vie dignes pour les jeunes aux parcours différenciés ».

Les propos sont au cœur du mouvement « Le communautaire à boutte » comme souligné dans leur communiqué de presse : « De plus en plus d’organismes sont maintenant appelés à fonctionner dans un cadre d’ententes de services, tandis que les compressions dans plusieurs structures publiques accentuent la pression sur le filet social. Ainsi, une grande partie de la population se tourne vers les organismes communautaires pour obtenir soutien, écoute et accompagnement. »

Les porte-parole du mouvement ont également participé à l’émission Tout le monde en parle le 22 mars afin d’expliquer leurs revendications.

Le mouvement a également a tenu une conférence de presse le dimanche aux côtés du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA).

Un budget provincial décevant

La grève survient moins d’une semaine après l’annonce du budget du gouvernement provincial. Dans ce budget, le financement du communautaire n’a pas été bonifié de manière significative. Parmi les rares mesures annoncées, on note un ajout de 20 M$ au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC), soit environ 6 500 $ supplémentaires par organisme financé à la mission globale.

Les besoins sont largement supérieurs : alors que le PSOC soutient près de 3 000 organismes rejoignant environ le tiers de la population québécoise, le rehaussement nécessaire est estimé à 1,7 G$ pour le secteur de la santé et des services sociaux. Pour l’ensemble des 4 500 organismes de l’action communautaire autonome, le manque à gagner est évalué à 2,6 G$.

Mobilisation le 2 avril

Devant l’Assemblée nationale à Québec, le 2 avril, des milliers de travailleuses et travailleurs se rassembleront pour interpeller directement les décideurs.

Les membres du ROCAJQ sont invités à participer à la manifestation. Si vous avez besoin de soutien pour vous rendre à Québec, contactez-nous. Le ROCAJQ aimerait également se joindre ou faire rayonner les autres mobilisations prévues par nos membres durant cette semaine de grève.

Programme détaillé de la journée du 2 avril

Où : Devant l’Assemblée nationale à Québec

Phase 1 : Accueil et mobilisation (11 h 00 – 13 h 00)

11 h 00 – Accueil des délégations et distribution du matériel informatif

Animation sur le site

Participation libre aux activités :
• Baptême des militant·es
• Œuvre / art engagé
• Babillard « Sans le communautaire, ma vie serait… »
• Micro ouvert

12 h 30 – Arrivée de la fanfare

Phase 2 : Action finale – Prises de parole (13 h 00 – 14 h 00)

13 h 00 – Ouverture officielle
13 h 10 – Prises de parole des porte-paroles
13 h 20 – Prises de parole des 17 régions
13 h 50 – Mot de la fin
14 h 00 – Clôture de la mobilisation

Le mouvement « Le communautaire à boutte »

Né à Shawinigan suite à un rehaussement de financement dérisoire, le mouvement Le communautaire à boutte a émergé quand des groupes de base ont refusé de se taire face à des conditions de travail devenues indécentes, comme décrit dans le site du mouvement. Ce cri du cœur a rapidement résonné partout au Québec : mêmes besoins explosifs, mêmes équipes épuisées en première ligne. Cette prise de parole locale s’est transformée en mouvement national, unissant des organismes de toutes les régions autour d’un objectif clair : faire reconnaître le rôle essentiel du communautaire et obtenir un financement adéquat.

Les revendications

  • Conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs du communautaire.
  • Financement suffisant à la mission.
  • Reconnaissance pleine et entière des organismes.
  • Protection de l’autonomie et fin du financement précaire.
  • Investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique.