Source : ROCAJQ avec RQ-ACA
Porter la flamme du communautaire dans un contexte électoral marqué par les crises et la montée du fascisme : c’était l’objectif de la journée interactive par et pour l’Action communautaire autonome (ACA) organisée par le Réseau Québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) et d’autres partenaires dont le ROCAJQ au Centre Saint-Pierre, le 23 septembre 2026.
Cette journée d’éducation populaire et de réflexion collective a su regrouper près de 300 personnes issues des mouvements communautaire, syndical, étudiant, féministe, environnemental, jeunesse et en lutte contre la pauvreté.
« Les débats passent, mais les luttes restent »
Après un mot d’introduction sur le programme de la journée, le premier panel de la journée s’est ouvert sur une vidéo Fascisme 101: reconnaitre les mécanismes par l’Observatoire pour la justice migrante qui donnait plus de contexte sur les signes annonciateurs d’une montée des idées conservatrices et dangereuses pour les minorités dans le monde, mais aussi au Québec.
« Le fascisme ne commence pas avec un parti fasciste au pouvoir. Ça peut aussi commencer dans un système démocratique conçu pour fonctionner à deux vitesses. Une vitesse de plein droit pour certains et une vitesse de droit conditionnel pour d’autres. »
Une première incursion qui a initié une discussion menée par Vé Mikaelian, coordinatrice à la vie associative à la Fédération des Femmes du Québec, Amel Zaazaa, co-fondatrice de l’Observatoire pour la justice migrante et de Caroline Toupin, co-coordinatrice du RQ-ACA.
Après un constat du recul des droits au Québec ces dernières années, principalement en ce qui concerne des populations marginalisées qui fréquentent les organismes communautaires, le panel a confirmé la nécessité d’ouvrir des brèches et de ne pas se contenter de préserver nos acquis, mais aussi de continuer de lutter pour des causes qui menacent l’état de droit comme la victoire contre la Loi 1 qui visait à instaurer une Constitution officielle pour le Québec.
Malgré l’impuissance et le découragement, les intervenantes n’ont pas manqué de souligner la force de l’union et de la solidarité du milieu communautaire qui sait se mobiliser en amont, mais également après les élections pour continuer de défendre le filet social québécois.
« Cette journée d’éducation populaire et de mobilisation montre à quel point la force du nombre alimente notre flamme, alors que le fascisme et les crises multiples ont déjà franchi nos portes. Être ensemble et faire converger les luttes n’est pas seulement une plus-value, c’est une nécessité pour prendre soin les un·es des autres, en particulier des personnes les plus vulnérables, et résister pour la justice sociale. Les débats et les chef·fes passeront, mais nos luttes subsistent. Quand l’une d’entre nous est attaquée, nous sommes toutes concernée »
Kanelle Bolin responsables des pratiques au RQ-ACA
Comprendre l’austérité et la dette
Les participant·es furent ensuite invité·es à faire le tour des différents ateliers, dont celui mené par le ROCAJQ. Pour l’occasion, le Regroupement a proposé l’enregistrement d’un épisode interactif de la 3e saison du balado Bien plus qu’une story. La thématique de cet épisode en présence d’une vingtaine de personnes fut celle de « L’argent public : qui décide, qui paie ? Comprendre l’austérité, la dette et les choix budgétaires ».
Pour répondre aux questions du ROCAJQ et du public, les invité·es étaient :
- Marie-Ève Brunet du Collectif pour un Québec sans pauvreté
- Colin Pratte de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS)
- Philippe Hurteau, responsable à la recherche à l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) / Coalition Main Rouge.
- Noémie Roche, directrice du ROCAJQ.
Au cours de cet épisode de plus d’une heure, plusieurs pistes ainsi que des clés de compréhension et d’analyse ont pu être données au public présent afin de rendre accessible, des enjeux parfois complexes. Les intervenant·es ont pu expliciter les décisions du gouvernement sur les dépenses d’argent public, aborder les coupes dans les services publics et dans les organismes communautaires.
Alors que la population entend chaque jour et plus particulièrement en période électorale, des chiffres qui se comptent en millions et des mots qui impressionnent comme « dette » ou « PIB », les choix budgétaires des partis et de l’état ont pu être vulgarisés avec une approche d’éducation. Quelques membres du public se sont ensuite risqués à poser des questions aux invité·es, sur le budget destiné aux communautés Autochtones ou le rôle de certains services de l’état comme Aire ouverte.
Se faire entendre et imposer les idées du communautaire
Après un second atelier et une ultime prise de parole, les participant·es de la journée ont pu bénéficier d’un repas offert par le Collectif pour un Québec sans pauvreté.
À quelques heures du débat des chef·fes de partis et afin de conclure cette journée de convergence et de résistance, les participant·es se sont joints à la manifestation théâtrale menée par le Mouvement Jeunes et santé mentale (MJSM). Cette mobilisation a pris la forme d’une marche funèbre où les jeunes du mouvement ont pris la tête du cortège, vêtu de noir et en portant symboliquement un cercueil ainsi que des pierres tombales, où gisent les rêves d’une jeunesse qui appellent à l’aide.
Le cortège a finalement rejoint le rassemblement populaire devant l’immeuble de Radio-Canada en compagnie des syndicats, d’acteurs du milieu communautaire, d’étudiants et d’écologistes. Les ultimes prises de paroles n’ont pas manqué de ferveur sur la nécessité de faire entendre les revendications du milieu communautaire pour la défense des droits et du filet social, tandis que les autobus des différents chef·fes peinaient à se frayer un chemin au travers des manifestants.
Après un “die-in” orchestré par le MJSM, où les participant·es ont pu simuler symboliquement une mort silencieuse face à l’inaction du gouvernement, la journée a pu se conclure par une projection du débat au Centre-St Pierre en présence du Comité Panaris.
À lire aussi


























