Source : ROCAJQ
La délégation de la campagne CA$$$H a porté les revendications d’amélioration du PSOC auprès des élu·es de l’Assemblée nationale.
L’une des principales revendications de la campagne CA$$$H — l’utilisation de l’Indice du coût de fonctionnement du communautaire (ICFC) pour l’indexation du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) — commence à se faire connaître à Québec et à être perçue comme une solution pertinente par plusieurs décideurs. Ce constat a pu être fait lors des rencontres politiques tenues le 18 février dernier auprès d’élu·es de tous les partis représentés à l’Assemblée nationale.
Le ROCAJQ, qui faisait partie de la délégation, a notamment présenté l’ICFC à la députée de la CAQ Shirley Dorismond, récemment nommée adjointe parlementaire de la ministre responsable des Services sociaux. L’échange a permis d’exposer les limites de la méthode actuelle d’indexation et de mettre en lumière une alternative mieux adaptée à la réalité des organismes communautaires. « Ce qui est intéressant avec l’outil de l’ICFC, c’est que c’est un outil d’indexation qui peut servir bien au-delà du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ça pourrait s’appliquer à toutes les subventions qui financent des organismes », explique la directrice générale du ROCAJQ, Noémie Roche. « Mettre l’ICFC en œuvre rapidement n’est pas impossible. Cela représente une somme de 12 millions de dollars pour cette année. Donc, c’est quelque chose d’actionnable rapidement, et j’ai senti que cela avait été bien compris lors de la rencontre », complète-t-elle.
Actuellement, l’indexation du PSOC repose sur l’Indice des prix à la consommation (IPC). Cette méthode ne reflète pas adéquatement la structure des dépenses des organismes, dont entre 60 % et 80 % sont consacrées aux ressources humaines. L’ICFC propose un calcul plus représentatif fondé sur deux éléments : d’une part, les dépenses en ressources humaines, qui constituent la majeure partie des budgets, et d’autre part, les coûts de fonctionnement, comme les frais de bureau et les coûts liés à l’énergie. Pour 2026, l’indice revendiqué s’élève à 4 %, alors que l’IPC se situe à 2,3 %. À titre comparatif, l’indexation annoncée pour le PSOC est de 2,1 %.

ROCAJQ
La délégation a également rencontré des représentant·es de Québec solidaire : Guillaume Cliche-Rivard en privé, puis, après le caucus du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, Ruba Ghazal, Alexandre Leduc, Manon Massé entre autres. Les discussions ont notamment porté sur les sources potentielles de financement pour bonifier l’enveloppe du PSOC. Parmi les pistes évoquées par la délégation figuraient la révision des paliers d’imposition, l’instauration d’un impôt sur l’actif net ainsi qu’un ménage dans certaines mesures fiscales accordées aux entreprises. Ces propositions trouvent un écho favorable auprès des élu·es solidaires. Les député·es ont également démontré une bonne connaissance des mobilisations communautaires, notamment la revendication d’un financement global porté à 2,6 milliards de dollars, mise de l’avant par le RQ-ACA.
Du côté du Parti libéral du Québec, les députés Enrico Ciccone et Linda Caron ont reçu la délégation. Les échanges ont mis en lumière la pression constante exercée sur les organismes, contraints de multiplier les demandes de financement par projets pour assurer leur survie. Les élu·es ont eux-mêmes évoqué la nécessité d’augmenter les sommes dédiées au financement à la mission globale afin d’offrir davantage de prévisibilité. « Cette question a émergé au cours de la discussion avant même que nous présentions nos demandes. Cela confirme que nos arguments sont solides, vu que l’augmentation des sommes destinées à la mission est une des revendications de base », souligne Fernando Rotta, analyste politique au ROCAJQ.

ROCAJQ
Depuis les sept dernières années, seulement 177 M$ en argent frais ont été investis à la mission pour les 3 000 organismes communautaires autonomes en santé et services sociaux, ce qui représente une augmentation moyenne d’environ 8 500 $ par organisme — un montant largement insuffisant pour répondre aux besoins croissants.
La délégation a également rencontré le porte-parole du Parti québécois en matière de santé et de services sociaux, Joël Arseneau. Tous les élu·es ont reçu de la délégation un cahier comprenant des affichettes réalisées par les organismes, indiquant le manque à gagner du PSOC pour soutenir adéquatement les équipes et la population. La somme totale des besoins recensés s’élève à 1,7 G$, soit le montant de rehaussement demandé par les organismes en santé et en services sociaux.
Transformer les besoins en action collective
Nommer clairement ses besoins réels est essentiel pour faire reconnaître le travail du milieu communautaire et sensibiliser les élu·es. La campagne CA$$$H propose justement de transformer ces besoins en action collective, afin de mieux soutenir les équipes et de renforcer les services offerts à la population. Si votre organisme reçoit du financement PSOC, le ROCAJQ vous invite à remplir une affichette afin d’afficher clairement le manque à gagner de votre organisme :
Portée par la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB), la campagne CA$$$H vise à obtenir des améliorations concrètes au PSOC au bénéfice de plus de 3 000 organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux au Québec. Elle invite les organismes à identifier leurs besoins financiers — notamment à partir de la méthode du seuil plancher — afin d’assurer une rémunération adéquate des équipes, de consolider les services et de rappeler une évidence : le communautaire est indispensable et mérite de fonctionner à 100 %.
Créée en 2017, la campagne porte trois revendications centrales afin d’assurer un financement à la hauteur du rôle essentiel joué par les organismes communautaires dans le filet social québécois. Elle appelle toute personne ou organisation concernée par la santé, les services sociaux et la justice sociale à appuyer le mouvement et à participer aux actions proposées.
À lire aussi