Source : ROCAJQ
Un cahier de revendications pour répondre aux réalités des jeunes aux parcours de vie différenciés et aux défis du milieu communautaire jeunesse a été approuvé par les membres du ROCAJQ le 13 mars pendant l’assemblée générale annuelle (AGA).
Ce document s’articule autour de quatre grandes revendications, à la fois ancrées dans le vécu des jeunes et dans l’expertise terrain des organismes.
Les revendications :
- Reconnaître officiellement la pluralité des parcours de vie des jeunes et intégrer la parole des jeunes et le savoir terrain dans l’élaboration des politiques publiques.
- Garantir des conditions de vie dignes et stables pour les jeunes aux parcours de vie différenciés
- Transformer l’organisation des services pour offrir des parcours de soutien globaux, continus et adaptés
- Assurer la pérennité, l’autonomie et la reconnaissance structurelle des organismes communautaires jeunesse qui interviennent auprès des jeunes aux parcours de vie différenciés
La première revendication vise à faire reconnaître officiellement la pluralité des parcours de vie des jeunes, en intégrant leur parole et le savoir des intervenant·es dans l’élaboration des politiques publiques. L’objectif est de mieux adapter les réponses gouvernementales aux réalités concrètes, en réduisant les exclusions liées à des critères normatifs souvent déconnectés du terrain. La revendication appelle surtout à ce que cette reconnaissance se traduise concrètement dans les politiques et les programmes.
La deuxième revendication porte sur les conditions de vie. Le ROCAJQ demande de garantir des conditions dignes et stables pour les jeunes aux parcours de vie différenciés, notamment en assurant un minimum de sécurité matérielle. Une telle mesure permettrait, selon l’organisation, de réduire la précarité, d’améliorer la santé globale des jeunes et de favoriser leur capacité à s’engager dans des démarches en éducation, en emploi ou en santé.
Le Regroupement appelle également à une transformation en profondeur de l’organisation des services publics. Trop souvent fragmentés, ceux-ci entraînent des ruptures de parcours et des abandons de démarches. En misant sur des approches globales, continues et adaptées, le ROCAJQ souhaite faciliter l’accès aux services essentiels et offrir des trajectoires plus cohérentes et sécurisantes pour les jeunes. Dans ce sens, cette revendication vise également à établir des balises de collaboration entre les structures de l’État et les organismes communautaires.
Enfin, la quatrième revendication met l’accent sur les organismes communautaires eux-mêmes. Le ROCAJQ demande d’assurer leur pérennité, leur autonomie et leur reconnaissance structurelle. Le regroupement insiste sur le rôle central de ces organismes dans l’accompagnement des jeunes, ainsi que sur la nécessité de mettre fin à leur précarisation chronique. Pour les jeunes, cela se traduit notamment par un accès stable à des milieux sécurisants, des liens durables avec des intervenant·es et un accompagnement continu.
La définition de jeune aux parcours de vie différenciés
Pendant l’AGA les membres ont également approuvé la définition de jeune aux parcours de vie différenciés :
Les jeunes aux parcours de vie différenciés sont des personnes dont les expériences de vie sont marquées par des ruptures, des transitions atypiques, des obstacles structurels ou systémiques. Ces expériences peuvent les amener à emprunter des chemins différents des parcours dits traditionnels et nécessitant des réponses, non pas des jeunes, mais des politiques publiques.
Ces parcours ne se résument pas aux défis vécus. Ils peuvent être porteur d’impacts sociaux positifs dans la communauté, en ouvrant des perspectives différentes, en favorisant une meilleure reconnaissance des personnes et en remettant en question certaines cadres (normatifs) culturels, sociaux et identitaires.
Dans le cadre des pratiques issues de l’action communautaire autonome jeunesse et de l’intervention psychosociale ce concept est important car ;
Il permet de reconnaître la diversité des réalités vécues par les jeunes sans les réduire à des catégories.
Il évite les jugements normatifs sur les « bons » ou « mauvais » parcours.
Il favorise des interventions plus inclusives, adaptées et respectueuses tenant compte des trajectoires individuelles et des contextes sociaux dans lesquels elles s’inscrivent.
La définition vient épauler les actions du ROCAJQ et fait partie du cahier des revendications.
Une démarche ancrée dans le terrain
Le cahier de revendications est le fruit d’un processus de réflexion amorcé au sein des instances politiques du ROCAJQ. Un sondage, auquel ont répondu plus de la moitié des membres, a permis d’identifier six grandes thématiques prioritaires.
Parmi les enjeux touchant les jeunes, la santé mentale, le coût de la vie et la réussite éducative ont été mis de l’avant. Du côté des organismes, les préoccupations portent principalement sur le financement, la reconnaissance et les ressources humaines.
Ces éléments ont ensuite été approfondis tout au long de l’année, notamment lors de rencontres du comité politique et de séances de travail avec les membres, ainsi qu’au congrès de 2025. La démarche s’inscrit également dans une mise à jour du positionnement stratégique du ROCAJQ, qui réaffirme son rôle auprès des jeunes aux parcours de vie différenciés et la diversité des approches portées par ses membres.
Prochaines étapes
À la suite de l’adoption des grandes orientations en assemblée générale annuelle, le ROCAJQ entend poursuivre le travail avec ses membres afin de préciser les revendications à porter auprès des décideurs publics.
Une première étape consistera à présenter ces demandes aux partis politiques en vue de la prochaine élection provinciale, afin de placer les réalités des jeunes aux parcours de vie différenciés et les approches alternatives du milieu communautaire jeunesse au cœur des priorités gouvernementales.
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