Source : ROCAJQ

2 juin 2026

Casser les cadres fixes et intervenir avant que les crises ne s’aggravent : voilà le principal message porté par le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) dans le mémoire qu’il déposera dans le cadre des consultations gouvernementales sur le futur Plan d’action interministériel en santé mentale, itinérance et dépendances. Pour le Regroupement, les politiques publiques doivent mieux reconnaître la diversité des parcours jeunesse et agir davantage sur les causes des difficultés vécues plutôt que d’intervenir uniquement lorsque les situations sont déjà devenues critiques.

Le mémoire met particulièrement en lumière la réalité des jeunes aux parcours de vie différenciés, soit des jeunes dont les trajectoires sont marquées par des ruptures familiales, des transitions institutionnelles complexes, l’instabilité résidentielle, la précarité ou encore des obstacles systémiques. Selon le ROCAJQ, ces parcours ne doivent pas être interprétés comme des échecs individuels, mais comme le reflet de conditions sociales et institutionnelles qui peinent à répondre à la diversité des réalités jeunesse.

Les organismes membres observent une détérioration importante des conditions de vie des jeunes au Québec. Hausse du coût de la vie, crise du logement, insécurité alimentaire, détresse psychologique et affaiblissement du filet social se combinent et contribuent à fragiliser les trajectoires de nombreux jeunes. Les organismes constatent également une augmentation des situations d’itinérance cachée, des ruptures relationnelles et des difficultés d’accès aux services.

Le mémoire souligne par ailleurs que les enjeux de santé mentale, d’itinérance et de dépendance ne peuvent être compris uniquement à travers une lecture individuelle. Les difficultés vécues par les jeunes sont étroitement liées à leurs conditions de vie, à l’accès au logement, à la stabilité économique, à la qualité des réseaux de soutien ainsi qu’à la capacité des institutions à les accompagner de façon cohérente tout au long de leur parcours.

Le Regroupement appelle également à une approche véritablement interministérielle qui mobilise non seulement le réseau de la santé et des services sociaux, mais aussi les secteurs de l’éducation, de l’emploi, de l’habitation, de la famille et du développement des communautés.

Résultat d’un comité politique engagé

Le mémoire déposé par le ROCAJQ sera le fruit d’un important travail de réflexion collective mené avec ses membres au cours des derniers mois. Le Cahier des revendications du ROCAJQ a également joué un rôle central dans l’élaboration de l’analyse et des recommandations présentées au gouvernement.

En plus de participer à différentes rencontres de consultation réunissant des partenaires du milieu communautaire, des regroupements jeunesse et des représentants gouvernementaux, le ROCAJQ a mobilisé son comité politique afin d’analyser les plans d’action actuellement en vigueur et d’identifier les principaux enjeux vécus sur le terrain. Réuni le 14 mai dernier, le comité a permis aux 11 membres présents d’échanger sur les réalités observées dans leurs milieux respectifs et de porter un regard critique sur les mesures actuellement déployées en santé mentale, en itinérance et en dépendance.

Les échanges ont notamment porté sur plusieurs mesures mises en place dans les précédents plans d’action. Les membres ont reconnu les retombées positives de certaines initiatives, notamment en matière de santé mentale, de logement et de prévention. Toutefois, ils ont également soulevé des préoccupations concernant les écarts observés entre les objectifs des programmes et leur déploiement concret dans les différentes régions du Québec.

Les discussions ont permis de mettre en lumière l’importance d’adapter les interventions aux réalités locales, de soutenir davantage les organismes de proximité et d’assurer une meilleure continuité des services pour les jeunes. Les enjeux liés aux transitions vers la vie adulte, à l’accompagnement en logement, aux Aires ouvertes ainsi qu’à la centralisation de certaines activités de prévention sur quelques organisations ont notamment fait l’objet de réflexions approfondies.

Cette démarche a permis au ROCAJQ de porter une voix ancrée dans les réalités vécues par les jeunes et les organismes qui les accompagnent quotidiennement partout au Québec.