Source : ROCLD
À l’occasion de la Journée du Refus de l’Échec Scolaire, le ROCAJQ se joint aux 32 organisations signataires et leurs voix pour demander au prochain gouvernement une révolution en éducation.
Une autre rentrée se déroule sous le signe de la pénurie : manque d’enseignants qualifiés, de personnel de soutien, de fonds dans les budgets scolaires, et même de ressources dans les organismes communautaires…
L’école vient à peine de recommencer et une évidence s’impose. Ce ne sont pas seulement les jeunes et les familles les plus vulnérables qui subissent les inégalités du réseau scolaire. Toute la société souffre lorsque le système d’éducation échappe les jeunes en difficulté.
À l’approche des élections provinciales, nous lançons un appel à toutes les formations politiques : faisons de l’éducation une véritable priorité nationale. Pas seulement dans les discours ou les promesses. Pas seulement à coups de mesures-pansements. Il nous faut des engagements durables, structurants et à la hauteur de l’urgence vécue dans le milieu.
Agir sur les causes du décrochage
Au Québec, le décrochage scolaire est trop souvent présenté comme une question de motivation ou de comportement individuel. Cette lecture est non seulement réductrice, elle est aussi trompeuse.
Avez-vous déjà rencontré un jeune qui ne souhaite pas réussir sa vie ? Nous non !
Et si on écoute les jeunes qui ont vécu des difficultés scolaires, les organismes communautaires qui les soutiennent et les recherches sur la question, on obtient une autre histoire.
Le décrochage scolaire ne se réduit pas à un manque de volonté. Il est le résultat de conditions sociales, économiques et scolaires. Dans notre province, le cœur du problème demeure la pauvreté et on ne peut lutter contre le décrochage sans l’adresser. Face à la ségrégation scolaire, les parcours rigides, le manque de ressources, ce sont les jeunes les plus démunis qui paient les frais.
Dans nos milieux communautaires, les jeunes confient leur détresse psychologique, décrient les ruptures de parcours et l’absence de solutions adaptées. Derrière chaque jeune qui décroche, il y a souvent une longue succession de signaux ignorés et de portes qui se ferment. On ne décroche pas seul : on décroche dans un système qui exclut. Mais partout au Québec, des jeunes persévèrent, raccrochent et réussissent autrement lorsque l’école, les familles, les communautés et les services publics travaillent ensemble.
Parce que l’éducation, c’est le liant d’une société. On commence tous nos vies à l’école, mais pour certains, ce qui devrait être un tremplin pour se développer devient un parcours juché d’embûches. Imaginez si tous les jeunes pouvaient trouver leur voie à l’école, peu importe leurs forces, leurs défis, leur région ou leur origine sociale.
Ça sonne comme une priorité de société, si vous nous le demandez.
Changeons les trajectoires
Ainsi, le décrochage n’est pas une fatalité. C’est un signal collectif à entendre. Puisqu’il est largement déterminé par des conditions sociales, économiques et scolaires, il peut être enrayé par nos choix collectifs et une volonté politique rassembleuse.
En 2026, cessons de demander aux jeunes de s’adapter à un système qui les trie sur le marché. Transformons plutôt ce système pour qu’il reconnaisse leurs réalités, leurs forces et leurs aspirations.
Déjà, trois des principaux partis se sont engagés en campagne électorale à tenir des États généraux sur l’éducation dans un premier mandat. Nous joignons notre voix au mouvement massif de la société civile qui leur demande de tenir cet engagement et d’y faire une réelle place aux acteurs du terrain en éducation : les jeunes, les parents, les équipes-écoles et les organismes communautaires. À chaque rentrée, depuis des années, nous constatons l’écart qui se creuse entre l’école universelle et émancipatrice dont le Québec a voulu se doter avec la Commission Parent, et le réseau scolaire fracturé que nous tentons de réparer aujourd’hui.
Il faut du courage pour entamer la transformation nécessaire du système d’éducation. Mais toute la société gagne lorsque son gouvernement cultive l’égalité à l’école.
Mélanie Marsolais
Directrice générale du Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage – ROCLD
Avec l’appui de :
1. Cloé Marcoux, coordonnatrice, Animation Jeunesse Haute-Gaspésie
2. Clara Desaulniers, directrice générale, Association des organismes de justice alternative du Québec (ASSOJAQ)
3. Lao Blais Morin, président, Citoyenneté jeunesse
4. Nadine Bédard-St-Pierre, première vice-présidente, Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
5. Maria-Lid Garcia, présidente, Coalition des organismes communautaires autonomes de formation (COCAF)
6. Bianca Nugent, présidente, Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers du Québec (CPEBPQ)
7. Jennifer Robillard, directrice générale, Coalition Interjeunes
8. Patrice Lemieux Breton, coordonnateur, Collectif pour le droit à la scolarisation
9. Bertrand Guibord, président, Conseil central du Montréal métropolitain – CSN
10. Bernard Dufourd, président, Debout pour l’école
11. Stéphane Vigneault, coordonnateur, École ensemble
12. Patrick Bydal, vice-président à la vie politique, Fédération autonome de l’enseignement (FAE)
13. Olivier Carrière, secrétaire général, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
14. Lili Plourde, directrice générale, Fédération québécoise de l’autisme
15. Alex Gauthier, directeur général, Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF)
16. Adrienne Kelly, présidente-directrice générale, Fondation Lucie et André Chagnon
17. Sylvianne Poirier, directrice générale, Institut national de formation et de recherche-action (Infra)
18. Faye Siluk, directrice générale, Literacy Quebec
19. Myriam Lepage-Lamazzi, directrice Générale, Mouvement jeunes et santé mentale (MJSM)
20. Salma Bensouda, co-directrice, Naos jeunesse : la créativité en action !
21. Sylvain Martel, conseiller stratégique, Regroupement des comités de parents autonomes du Québec (RCPAQ)
22. Nathalie Bergeron, directrice générale, Regroupement des écoles de rue autonomes du Québec (RÉRAQ)
23. Caroline Meunier, coordonnatrice politique, Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ)
24. Nicholas Legault, directeur général, Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMJQ)
25. Audrey Sirois, directrice générale, Regroupement des organismes communautaires québécois de travail de rue (ROCQTR)
26. Sylvain Lafrenière, coordonnateur, Regroupement des organismes en défense collective des droits (RODCD)
27. Anne-Marie Boucher, co-coordonnatrice, Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ)
28. Nadia Rousseau et Dominic Voyer, Équipe de direction, Réseau de recherche et de valorisation de la recherche sur le bien-être et la réussite en contexte de diversité (RÉVERBÈRE)
29. Thérèse Laferrière, chercheure responsable, réseau PÉRISCOPE
30. Caroline Toupin, responsable de la coordination, Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)
31. Stephan Reichhold, directeur général, Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
32. Reynald Labelle, chargé de cours, Département des sciences de l’éducation, Université du Québec en Outaouais et bénévole pour l’organisme communautaire Vallée-Jeunesse Outaouais.
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