Source : ROCAJQ

2 novembre 2026

Le lancement du Cahier des revendications en novembre, la tenue de rencontres avec les élus et le renforcement de l’engagement dans le mouvement Communautaire à boutte ont reçu un accueil favorable des membres du comité politique du ROCAJQ, réunis le 19 octobre dernier. Face à un nouveau gouvernement minoritaire, les organismes souhaitent intensifier leurs actions pour faire entendre les réalités des jeunes aux parcours de vie différenciés et défendre la reconnaissance et le financement du milieu communautaire.

La stratégie politique présentée par le ROCAJQ s’inscrit dans un contexte de renouvellement important de l’Assemblée nationale. Avec 46 % des sièges et 28 % des voix, le Parti québécois forme un gouvernement minoritaire, tandis que 92 des 127 personnes élues n’ont aucune expérience parlementaire. Pour les membres du comité, cette nouvelle configuration représente une occasion de sensibiliser les élus, tant du gouvernement que des oppositions, aux réalités des jeunes et au rôle des organismes communautaires autonomes jeunesse (OCAJ).

Le lancement public du Cahier des revendications, en novembre, marquera le début d’une mobilisation qui se poursuivra lors du Gala des prix Leviers, le 24 novembre, à l’Assemblée nationale du Québec, puis par une série de rencontres ciblées avec les élus entre décembre et février. Ces rencontres permettront au ROCAJQ de présenter les quatre grandes revendications du regroupement :

  1. Reconnaître la diversité des parcours de vie des jeunes : les politiques publiques doivent tenir compte des différentes réalités vécues par les jeunes, notamment ceux qui font face à des obstacles sociaux, économiques ou institutionnels. Leur parole et l’expertise des organismes qui les accompagnent doivent être intégrées aux décisions qui les concernent.
  2. Garantir des conditions de vie dignes et stables : chaque jeune doit pouvoir répondre à ses besoins essentiels, notamment en matière de logement, d’alimentation, de transport et de revenus. La précarité ne doit pas constituer un obstacle à son autonomie et à son épanouissement.
  3. Transformer l’organisation des services pour mieux répondre aux besoins des jeunes : le ROCAJQ réclame des services accessibles, adaptés et continus, qui tiennent compte de l’ensemble du parcours des jeunes plutôt que de les obliger à s’adapter aux structures existantes. Une attention particulière doit être accordée aux transitions difficiles, notamment à la sortie du système de protection de la jeunesse.
  4. Assurer la pérennité et l’autonomie des organismes communautaires autonomes jeunesse (OCAJ) : le Regroupement demande un financement à la mission adéquat et récurrent, une meilleure reconnaissance de l’expertise des organismes et leur participation aux instances où se prennent les décisions qui touchent les jeunes.

À travers ces revendications, le ROCAJQ souhaite sensibiliser les nouveaux élus aux réalités des jeunes aux parcours de vie différenciés et contribuer à l’élaboration de politiques publiques qui répondent réellement à leurs besoins.

Le ROCAJQ entend également s’impliquer activement dans les dossiers que le nouveau gouvernement du Parti québécois a identifiés comme prioritaires, notamment la lutte contre l’itinérance et la tenue des États généraux sur l’éducation. Les organismes membres ont souligné l’importance de faire reconnaître les réalités propres aux jeunes, particulièrement les ruptures de services à la sortie de la DPJ, l’itinérance cachée et les besoins d’accompagnement dans toutes les régions du Québec. Les réalités des groupes davantage invisibilisés, notamment les personnes LGBTQIA+ et les jeunes issus de l’immigration, ont également été soulevées lors des discussions.

La mobilisation du milieu communautaire a également occupé une place centrale dans la rencontre. Les membres ont réaffirmé leur soutien au mouvement Communautaire à boutte, qui dénonce notamment le sous-financement des organismes et la précarité des conditions de travail dans le secteur. Plusieurs ont toutefois souligné les difficultés à se mobiliser dans un contexte de surcharge de travail et d’épuisement des équipes. Les échanges ont fait ressortir une volonté de maintenir, voire de renforcer, l’implication du ROCAJQ dans ce mouvement collectif, tout en tenant compte des réalités et des capacités de mobilisation des organismes membres. L’objectif demeure de faire reconnaître le rôle essentiel du milieu communautaire et de réclamer les ressources nécessaires pour poursuivre sa mission auprès des jeunes.

La question de la laïcité a également été abordée lors de la rencontre. Les membres ont exprimé leurs préoccupations concernant les conséquences des lois québécoises sur la laïcité pour les organismes communautaires, particulièrement ceux qui interviennent en milieu scolaire. Les restrictions visant le port de signes religieux entraînent notamment l’exclusion de certaines intervenantes et de parents bénévoles des activités scolaires, ce qui risque de compromettre l’accompagnement offert aux jeunes. Dans ce contexte, le ROCAJQ a signé la lettre du Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage (ROCLD), qui dénonce ces exclusions et demande l’abrogation des lois 21, 94 et 9. Le comité a également souligné l’importance de documenter les situations vécues sur le terrain et de poursuivre la mobilisation afin de défendre l’accès des jeunes aux services communautaires.

La prochaine rencontre du comité politique du ROCAJQ aura lieu le 09 décembre. Ce sera l’occasion de poursuivre les discussions sur les enjeux qui touchent les jeunes aux parcours de vie différenciés et de faire le point sur les prochaines actions du Regroupement. Le comité politique demeure ouvert en tout temps aux personnes issues des organismes membres qui souhaitent s’impliquer, partager leurs préoccupations et contribuer aux réflexions et aux prises de position du ROCAJQ.

N’hésitez pas è écrire à communications@rocajq.org et faire une demande.